Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Porcheries. Le cri d’alarme de trois associations

Le Télégramme 24 mars 2010

Les sections quimperloises de trois associations, Bretagne Vivante, Eaux et Rivières de Bretagne et l’APPMA (pêcheurs), dénoncent la croissance des porcheries dans le secteur.

Le problème n’est pas nouveau, mais ces trois associations sont désormais opposées « à toute augmentation du cheptel porcin sur les bassins de l’Ellé et du Scorff ». Or, elles estiment qu’encore cette année, une vingtaine de projets de création ou d’extension de porcheries pourraient fleurir entre l’Ellé et l’Aven. Et cette opposition des associations s’applique aussi bien aux élevages sur paille (sauf s’il s’agit de remplacer une autre installation) qu’aux ateliers accompagnés d’une station d’épuration ou de méthanisation. Ces associations montrent du doigt le plan de lutte contre les algues vertes annoncé par le gouvernement.

« La pullulation des algues »

L’essentiel de ce plan, disent-elles, « vise à gérer, aux frais du contribuable, la pullulation des algues, au lieu de traiter le problème à sa source, les algues n’étant finalement qu’un symptôme d’une dégradation générale de l’environnement par une agriculture anti-écologique et, un comble, super-déficitaire ». Leur crainte, c’est que « la production porcine bretonne, croissance oblige, soit en train de se reporter vers notre région, encore largement épargnée ». Et elles poursuivent : « Les bassins de l’Ellé et de l’Isole, et celui du Scorff, sont majoritairement hors ZES (zones d’excédent structurel), et sont en outre proches d’abatteurs importants, comme Bigard et Olympig, et sont donc susceptibles d’attirer les industriels de l’élevage. »

De fausses solutions

Stations d’épuration et de méthanisation sont à leurs yeux de fausses solutions : « Si elles résolvent en partie la surcharge azotée, elles ont le défaut de concentrer le phosphore, le potassium, et surtout les métaux lourds. Les boues de stations et résidus de méthanisation sont des déchets dangereux. » « Une vision globale est indispensable », disent encore ces associations. « La production porcine souffre de nombreux maux, culture de maïs avec ses intrants et pesticides associés, assolement blé-maïs déstructurant les sols de plus en plus compacts et imperméables, entraînant érosion, lessivage, inondations et, in fine, dégradation de la vie marine. »

« Ne soyons pas dupes »

« Ne soyons pas dupes », concluent-elles. « Nous allons vers une concentration de la production de type industriel et sans limitation, et non vers une gestion environnementale pragmatique. Ce système survit grâce aux subventions, financées par la collectivité, et il est de notre devoir de citoyens d’alerter et de demander à la profession une remise en cause. » Et elles ajoutent : « Nos représentants élus et les instances administratives, chacun avec ses compétences, se doivent de dire stop. »


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