Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Pollution de l’Élorn : Le coup de gueule de l’AAPPMA

Lettre ouverte de l’AAPPMA de l’Élorn au préfet du Finistère

L’Élorn vient d’être victime d’une nouvelle pollution grave le dimanche 11 Juillet. Outre les dégâts considérables sur la faune et la flore, la procédure de recherche de la pollution et le déroulement de cette opération par les autorités compétentes (prévenues sauf erreur de notre part dès 9 heures par le pisciculteur) interpellent.

En effet :

1°) Notre AAPPMA n’a pas été prévenue de la pollution, de même semble t’il que le syndicat de bassin et les responsables de la CLE - Commission locale de l’eau -, alors même que vous avez signé le SAGE - Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau - Élorn le 15 juin dernier.

2°) Alerté par hasard par un salarié de l’association, notre directeur s’est rendu immédiatement sur place.

3°) En 15 minutes il a déterminé l’origine géographique de la pollution (station de pompage de Goas-Moal). Il a aussitôt alerté les pompiers et les gendarmes qui l’ont reçu de manière pour le moins… distante.

4°) Avant notre identification rapide de l’origine géographique de la pollution, est-il exact que les très nombreux agents présents sur le terrain, depuis le début de matinée, n’avaient toujours procédé à aucune identification de la source du rejet ? A noter que ces agents semblaient plus préoccupés par les dégâts, somme toute minimes (entre 1,5 et 2 % de la production annuelle, selon que l’on prend en compte la production autorisée ou … réelle) de la pisciculture industrielle, que des dégâts sur la rivière !

5°) Nous avons fortement suspecté une fuite de chlore et pour avoir osé émettre cette hypothèse dans la presse, le maire de Landivisiau, sur place le jour de la pollution avec vos services et que nous contacté téléphoniquement le lundi 12 juillet, nous a véritablement « rit au nez ».

6°) A quelle heure les gestionnaires de l’usine de pompage (Veolia) ont ils été alertés (pour notre part nous avons constaté qu’un employé est arrivé à Goas-Moal vers 16 heures !).

7°) Comment peut-on être aussi inefficace pour trouver l’origine d’une pollution, alors même que les poissons morts jonchent la rivière, par centaines voir par milliers ? Est-il besoin de sortir des grandes écoles pour comprendre que dans une telle situation il suffit de remonter le cours d’eau … jusqu’à la découverte de poissons vivants ?

8°) Si le rejet avait perduré durant ces quatre ou cinq heures de vaine recherche, avez vous conscience que la rivière aurait été anéantie sur plusieurs dizaines de kilomètres ?

9°) Comment se fait-il qu’aucun garde de l’ONEMA – Office national de l’eau et des milieux aquatiques - ne s’est déplacé sur les lieux le jour de la pollution ?

10°) Comme d’habitude, c’est nous qui avons prévenu la presse ? Y avait-il quelque chose à cacher ?

11°) Sur l’origine de la pollution : comment une fuite de produit dangereux (chlore) peut se produire dans une usine, dont vous avez autorisé l’exploitation, sans qu’un bassin de rétention ne soit prévu pour la retenir, ni qu’une alerte ne se déclenche ?

En conclusion :

- Pourquoi notre association n’a t’elle pas été informée (ni par les élus landivisiens, ni par les services de l’Etat), alors que des centaines/milliers de poissons morts gisaient dans la rivière et que pour notre part nous alertons toujours les parties concernées lorsque nous découvrons une pollution ? Pour quelles raisons sommes-nous les seuls à informer les autorités lorsque nous identifions une pollution et que la démarche ne fonctionne jamais dans l’autre sens (voir pollution d’avril 2OO9) ? Notre expérience en matière de veille environnementale et de recherche des pollutions datent pourtant de plusieurs décennies et dans ce domaine nous n’avons rien à prouver. Ne sommes-nous pas membres de la CLE Élorn ?

- Les gendarmes et les pompiers habituellement coopératifs se sont montrés distants pour ne pas dire désagréables. Comment devons nous comprendre ce comportement, alors que nous devrions être un partenaire dans ce genre d’affaire ? Pour preuve : c’est nous qui avons découvert l’origine de la pollution.

Pourquoi déployer sur le terrain un noria de véhicules et d’agents alors que, dès l’alerte donnée, une intervention rapide sur le terrain, par une ou deux personnes compétente(s) et un minimum de bon sens et de connaissance du cours d’eau auraient permis d’évaluer la situation et de trouver très rapidement la source du rejet (avant de mobiliser matériels et personnels durant toute une journée).

- Quel service a évalué précisément les dégâts sur la faune et la flore dans la rivière ?

- Avez-vous contacté les services de l’ONEMA, qui n’avaient toujours pas réagi sur le terrain lundi matin ?

- Le maire, conseiller général de Landivisiau nous a précisé téléphoniquement, lundi matin, qu’il souhaitait mener une réflexion (avec quel(s) service(s) ?) pour tirer les enseignements de cette pollution, notamment en terme d’intervention. Cette analyse n’a-t-elle pas déjà été faite depuis longtemps ? Pensez vous que c’est à tel ou tel élu de la vallée de travailler « dans son coin » avec tel ou tel service ? Ne pensez vous pas que c’est là le rôle de la CLE et du syndicat de bassin, surtout à l’heure du SAGE Élorn ?

A l’évidence, nous sommes là face à de très lourds dysfonctionnements d’autant plus graves qu’ils sont récurrents. Cette situation est inadmissible car nous avons frôlé la catastrophe si le volume de chlore avait été plus conséquent.

Il convient impérativement et une fois pour toutes, de mettre ce dossier à plat. Nous vous demandons de faire toute la lumière sur ce dossier et d’en tirer les enseignements, avec la Commission Locale de l’eau.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le préfet, l’expression de notre sincère considération.

Le Président, Jean-Yves KERMARREC


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