Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Morieux. Des marcassins morts sur la plage

Article du Télégramme du 14 juillet de Tangi Leprohon

Jeudi dernier, deux marcassins sont morts, étouffés par la vase, sur une plage de Morieux. Cette même plage qui a été fermée vendredi au public, en raison des gaz dégagés par les algues vertes. Il n’y aurait aucun lien entre les deux événements.

Un préfet qui organise, en urgence, une conférence de presse officielle sur la mort de deux marcassins retrouvés sur une plage. La situation est peu banale. Mais lorsque cette conférence de presse a lieu dans les Côtes-d’Armor, département où les algues vertes ont déjà causé la mort d’un cheval et de deux chiens, l’initiative prend tout son sens.

Des résultats formels

Car hier, en annonçant que deux jeunes sangliers de six mois étaient morts, jeudi dernier, sur la plage Saint-Maurice, à Morieux, la préfecture a suscité l’intérêt de nombreuses rédactions. Et pour cause : dès le lendemain de cette découverte, le maire de la commune, Jean-Pierre Briens, avait pris un arrêté de fermeture au public de cette même plage, en raison d’émanations d’hydrogène sulfuré dues à la décomposition des algues vertes (Le Télégramme d’hier). Or, avant que la préfecture des Côtes-d’Armor n’en fasse état, l’histoire de ces marcassins ne s’était guère ébruitée. Certes, le ton de ce communiqué de six lignes, envoyé en début de matinée, est rassurant. Les résultats de l’autopsie des animaux, réalisée par le Laboratoire de développement et d’analyses des Côtes-d’Armor, sont formels : les petits sangliers sont morts par étouffement, dû à la présence de vase dans les voies aériennes supérieures (larynx, trachée, bronches). Néanmoins, en fin de matinée, entouré de représentants de différents services de l’État, Rémy Thuau, préfet des Côtes-d’Armor, a dû présenter à nouveau ces résultats devant des journalistes parfois sceptiques.

Transparence récente

Car cette transparence affichée - le rapport d’analyses du laboratoire a été transmis à la presse - est récente. À la fin du mois de juillet2009, après la mort d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (22), le discours officiel était tout autre. Pour les gendarmes intervenus sur les lieux, il n’y avait, alors, pas de raison particulière de polémiquer. « C’est un enlisement, le cheval est mort étouffé dans la vase », estimait le commandant de compagnie. Du côté de la préfecture, le son de cloche était exactement le même : le cavalier et sa monture s’étaient « envasés dans une zone mouvante ». Une thèse qui devait être balayée par les résultats de l’autopsie demandée par le propriétaire de l’animal. Celui-ci avait bel et bien succombé à un oedème pulmonaire massif provoqué par une intoxication à l’hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en putréfaction sur la plage. Depuis, le cavalier a annoncé qu’il se retournait contre l’État. Le Premier ministre s’est rendu à Saint-Michel-en-Grève, en août2009. Et la famille de Thierry Morfoisse, un transporteur d’algues vertes décédé accidentellement, à Binic, en juillet2009, a porté plainte contre X.Le contexte a radicalement changé et cette pollution est aujourd’hui un enjeu de santé publique. Au point d’organiser des conférences de presse sur la mort de marcassins.


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