Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Les plans communaux de développement de la nature

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LES PLANS COMMUNAUX DE DEVELOPPEMENT DE LA NATURE (P.C.D.N) 
ou comment "prendre soin de la nature ordinaire"
synthèse du livre de Catherine MOUGENOT Editions de la maison des sciences de l'homme -PARIS

Depuis 1995 en Wallonie, des acteurs locaux ont cherché à développer des PLANS COMMUNAUX DE DEVELOPPEMENT DE LA NATURE qui constituent un programme commun d’actions en faveur de la BIODIVERSITE pour la maintenir, la développer ou la restaurer. Ceci en impliquant au niveau communal des acteurs locaux (responsables communaux, agriculteurs, naturalistes, chasseurs, pêcheurs, responsables touristiques, industriels ...)

Agir au plan local est important car la commune est le dernier et le plus petit échelon de l’action publique, de taille humaine, elle constitue un niveau plausible qui a encore du sens pour promouvoir une nouvelle forme de citoyenneté oeuvrant en faveur de la nature et du cadre de vie.

Elle peut ensuite constituer un réseau ou la notion de partenariat est essentielle. Par le dialogue, ces actions émanent des acteurs concernés et s’intègrent donc dans le développement global du territoire et de ses habitants en ayant dégagé une vision commune de la nature et de son avenir au niveau local.

"Nous observons le déplacement de la nature sanctuaire (Les Bijoux de famille) à la nature ordinaire où la totalité de l’espace pzut ou doit être prise en compte car des mesures sectorielles basées sur la création de réserves et sur l’exclusion de certains espaces (la mise en défends) ne suffisent plus pour arrêter la diminution de la biodiversité".

D’où la nécessité d’impliquer tout le territoire "en sortant la nature de sa réserve", l’objectif n’est plus de multiplier les sanctuaires mais de définir un cadre spatial durable du paysage à partir du "RESEAU ECOLOGIQUE" pour répondre à la fragmentation des habitats sur les populations animales ou végétales"

Les espaces de transition (couloirs biologiques) jouent un rôle important en permettant l’interpénétration de communautés vivantes dans ce réseau écologique entre les zones dites centrales (les réserves) et les zones de développement où se trouve la nature ordinaire.

L’élaboration de la "CARTE COMMUNALE" est très importante car c’est un outil stratégique. En effet, "il faut qu’elle reproduise une image de la nature ordinaire dont les partenaires se sentent responsables" Elle doit garder un caractère provisoire pour tenir compte de la vitesse du travail de chacun. Elle comportera des flèches rouges pour indiquer la prolongation du réseau écologique vers les communes limitrophes.

La carte est une véritable médiation intellectuelle et sociale, elle construit un chemin mental entre des valeurs de références générales (la biodiversité), un concept nouveau (celui du réseau écologique) et des observations de terrain qui sont elles-mêmes référées à leurs caractéristiques biologiques. La carte joue un rôle d’articulation qui est essentiel, elle représente, analyse mais elle est aussi porteuse d’informations ou d’invitations. La carte devient un lien entre les partenaires, les citoyens d’une commune, les gestionnaires de l’espace, les responsables administratifs ...

La diversité des lieux de débat Le lieu du débat général est public, c’est le forum (ou assemblée plénière) où chacun peut s’exprimer, sa fonction première est de pouvoir afficher des objectifs généraux. Des groupes de travail plus restreints seront plus efficaces pour l’action et la réflexion, ils peuvent être hétérogènes et fonctionnent plutôt comme des réseaux qui explorent des possibilités d’actions concrètes à soumettre au forum. Il faut un travail de coordination entre ces lieux pour éviter les conflits et les formes de désengagement et de démotivation.

Les connaissances du milieu Elles doivent intégrer des composantes hétérogènes, les connaissances scientifiques sur la faune, la flore, les habitats vont se recomposer avec d’autres qui concernent les paysages, l’histoire des sites, leur évolution, leur gestion, les usages actuels ou potentiels, les contraintes liées aux infrastructures et à l’aménagement du territoire.

Il faut passer ensuite d’une conception théorique de la biodiversité à des actions concrètes qui assurent le maintien des populations naturelles et de leurs habitats, c’est le passage de la connaissance à l’action.

Problèmes rencontrés

  • comment caractériser des espaces de la nature ordinaire ?
  • comment lister les zones centrales ? Vaut-il mieux plusieurs petits sites ou un seul important (SLOSS : single large or several small) ?
  • absences de données sur la nature ordinaire et de ce fait, quelle valeur potentielle attribuer aux sites ? (statut, richesse, potentialité des zones)
  • reprendre l’idée fonctionnelle du réseau, ou se contenter de la typologie des éléments en place ? (dans le concept de réseau écologique, chaque zone a son intérêt fonctionnel, même un petit bosquet.

Exemples d’actions

GIF - 1 ko Les vergers C’est un milieu intermédiaire entre la prairie et la forêt, entre la nature sauvage et la nature cultivée. On peut y envisager la culture des arbres (variétés locales), la création de mares, la pose de nichoirs, la conservation de vieux arbres (pour la chevêche), l’élevage de races rustiques. GIF - 1 ko Protection des espèces

    • Actions en faveur des chauves-souris, des batraciens, de l’avifaune (nichoirs)
    • Actions piscicoles (création de frayères, élevage de souches locales)
    • Inventaire des reptiles sur le territoire communal
    • Conservation d’espèces végétales (maintien d’arbres remarquables, maintien ou création de haies ou de vergers)
    • Entretien écologique des bords de routes

GIF - 1 ko Zones humides et fonds de vallées Assurer leur recensement et leur gestion permanente

GIF - 1 ko Mares et haies Inventaire des mares (petits éléments du maillage écologique) La création de mares et la plantation de haies permettent aux citoyens de vérifier très vite qu’ils peuvent agir visiblement pour le maintien de la biodiversité. Ce sont les premiers maillons dans la reconstitution d’un réseau écologique.

GIF - 1 ko Jardins au naturel Il convient d’effectuer le relevé des jardins naturels existants puis d’effectuer des visites annuelles avec échanges d’expériences et de plantes.

GIF - 1 ko Sentiers et promenades Leurs fonctions sont naturelles (couloirs biologiques), paysagères, récréatives, touristiques, pratiques. Ils suscitent parfois des oppositions (agriculteurs, propriétaires, pouvoirs locaux : entretien et sécurité à prévenir. Lors de la construction d’un lotissement, il faut veiller aux voies piétonnes et à l’aspect paysager. "Ce sont donc des projets pour la biodiversité, des projets concrets (concret vient de concrescere, c’est-à-dire grandir ensemble), l’idée contenue dans ce mot est que des éléments de rassemblement s’ajoutent les uns aux autres et tiennent ensemble dans le processus de formation d’une chose ..." Tous ces projets sont durables quand ils sont basés sur des règles d’accords mutuels, sur des connaissances partagées et évolutives (savoirs théoriques et pratiques, scientifiques ou profanes) et sur l’engagement des gens.

Conclusion

"Nature et société apparaissent aujourd’hui complètement et inéluctablement interconnectées ... Il n’y aura pas de solution unique pour prendre soin de la nature. Maintenir la biodiversité naturelle va permettre de rechercher des ressources dans la diversité des espaces, des pratiques et des personnes. La nature en sortant des réserves et de sa réserve suscite de nouvelles actions, denouvelles possibilités de connaissances, de prises de décisions et d’associations ..." Rien ne se fera sans le respect mutuel entre tous les acteurs, il faut aussi faire preuve de pragmatisme et de souplesse pour aboutir à une nature "négociée" et "partagée" et permettre de concilier à la fois les intérêts des hommes et de la nature en construisant des réseaux naturels et humains reconfigurés. Les visites sur le terrain sont très productives quand elles permettent de repérer les agriculteurs qui pratiquent des méthodes agri-environnementales.

Pour en savoir plus : http://environnement.wallonie.be/dnf/pcdn cliquer sur "nos documents" exemples :

  • PCDN et zones humides
  • discussions avec les agriculteurs
  • comptes-rendus de divers PCDN . rubrique inter-active

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