Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Les agrocarburants

Agrocarburants : Une politique incohérente et coûteuse

La Cour des comptes dénonce le coût prohibitif de la politique publique d’aide aux agrocarburants. Un coût de près de 3 milliards d’euros, répercuté sur la facture de carburant et supporté entièrement par les automobilistes.

La suite de cet article sur le site de Que Choisir : http://www.quechoisir.org/

LES BIOCARBURANTS, FAUSSE BONNE SOLUTION ?

Voici quelques extraits d’une publication de l’Agence européenne pour l’environnement:
"Biocarburants pour les transports" 

Production d’énergie

La conversion de récoltes en biocarburants pour les transports génère moins d’économies d’énergie et de réduction de gaz à effet de serre que d’autres usages énergétiques de la biomasse. En effet, il faut de l’énergie pour convertir la biomasse en carburants appropriés, ce qui diminue le rendement énergétique net. A titre de comparaison, la combustion directe de la biomasse dans une centrale électrique pour produire de l’électricité offre un rendement bien supérieur.

Modification de l’utilisation des terres

Étant donné la demande alimentaire en Europe et dans le monde, la demande en biocarburants ne peut être satisfaite que par l’augmentation de la superficie totale des terres agricoles. Le plan gouvernemental Raffarin II décrète que la part des biocarburants devra atteindre 10% en 2015. Or pour atteindre un taux d’incorporation de 7%, il faudra utiliser toutes les jachères. Au delà, il faudra rogner les espaces naturels et les surfaces exploitées pour l’alimentaire. Ou augmenter les rendements, ce qui ne sera pas sans poser des problèmes environnementaux (nitrates, surexploitation des sols, surconsommation d’eau…)

 

Qu’est-ce que les biocarburants?

1. Le bioéthanol
Cet alcool est obtenu par fermentation de plantes comme la betterave, la pomme de terre, les céréales, la canne à sucre...
2. Le biodiesel
C’est de l’huile végétale (colza, tournesol, soja) qui peut être utilisée à l’état brut ou traitée pour obtenir du Diester.
3. Le biogaz
Ce gaz, le méthane, est obtenu par fermentation par des bactéries de déchets (lisier, boues d’épuration, déchets fermentescibles, tourteaux de végétaux.

Incidence sur les émissions de CO²

Si des terres en jachère sont utilisées pour la production intensive, d’importantes quantités de CO² seront émises, probablement assez pour réduire à néant, pendant de nombreuses années, les avantages de la réduction des émissions de CO² liés à l’utilisation de biocarburants. Ce phénomène est dû au dégagement par le sol lors de la minéralisation des matières organiques, un processus accéléré par le labourage.

Incidence sur la biodiversité

Si des terres à culture extensive sont converties pour la production de cultures énergétiques un peu plus de biodiversité sera perdue.

 

 

Avantages et inconvénients

* BIOETHANOL

Avantages: a un bon rendement à l’hectare.
Inconvénients: Il est soupçonné d’avoir un effet nuisible sur la santé.

* BIODIESEL

Avantages: supplée le rôle lubrifiant du soufre.
Inconvénients: Il a un faible rendement à l’hectare.

CONCLUSION
On peut se demander comment ces objectifs en contradiction complète avec un autre objectif de l’UE qui est d’enrayer la perte de biodiversité en Europe d’ici 2010 seront atteints. Il nous faudra être très vigilants si nous voulons que les objectifs environnementaux soient préservés.
SOURCES
L’Agence européenne pour l’environnement, dossier "Biocarburants pour les transports" http://reports.fr.eea.europa.eu/briefing_2004_4/fr/FR_Briefing_4.pdf

L’essor des agrocarburants pourrait aggraver le réchauffement climatique

  
(article du journal Le Monde du 24 septembre 2007)

Le développement des agrocarburants pourrait considérablement aggraver le changement climatique en cours. L'avertissement n'émane pas d'un inconnu, mais de Paul Crutzen (Max-Planck-Institut für Chemie, Mainz, Allemagne), lauréat du prix Nobel de chimie, en 1995, pour ses travaux sur la dégradation de la couche d'ozone stratos-phérique. Selon ses calculs, cosignés par une équipe internationale de chercheurs et publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, la production d'un litre de carburant issu de l'agriculture peut contribuer jusqu'à deux fois plus à l'effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile. 

Le constat semble paradoxal. La combustion d'un agrocarburant est en effet neutre du point de vue du carbone : elle ne relâche dans l'atmosphère que le carbone préalablement absorbé par la plante. Mais, dans leurs travaux, Paul Crutzen et ses coauteurs se sont penchés sur les émissions de protoxyde d'azote (N2O) dues à l'agriculture intensive. Gaz qui, à quantité égale, contribue 296 fois plus à l'effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2).
Or le N2O est produit en quantité par l'agriculture. Une part des engrais

azotés utilisés pour augmenter les rendements est en effet dégradée - par les sols, en particulier - en N2O. Le fait est connu : le Groupe intergouverne-mental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) estime, dans son dernier rapport, le "taux de conversion" de l'azote des fertilisants en protoxyde d'azote à environ 1 %. Selon M. Crutzen et ses coauteurs, ce taux est plus vraisemblablement situé entre 3 % et 5 %. Cette différence change la donne. Surtout pour les plantes dont la croissance exige de grandes quantités d'azote.  
Avec un tel "taux de conversion",la combustion de biodiesel issu du colza (80 % de la production européenne de cet agrocarburant) contribue ainsi 1 à 1,7 fois plus au réchauffement que l'utilisation d'une énergie fossile en quantité équivalente.
Ce même coefficient est compris entre 1,3 et 2,1 pour le bioéthanol issu du blé et entre 0,9 et 1,5 pour celui issu du maïs. La seule culture dont l'utilisation sous forme de combustible est, selon les estimations des chercheurs, bénéfique au regard du changement climatique, est la canne à sucre, dont le coefficient est toujours inférieur à 1 (compris entre 0,5 et 0,9).

Pour parvenir à un "taux de conversion" de l'azote agricole en N2O d'environ 1 %, les experts du GIEC se sont fondés sur les mesures d'émission des plantes elles-mêmes. Paul Crutzen et ses coauteurs ont, au contraire, considéré le problème globalement. "Ils ont observé les variations de la concentration atmosphérique en N2O et les ont corrélées avec les quantités d'azote épandues dans l'environnement depuis le début de l'ère industrielle, explique le chimiste de l'atmosphère Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS. Après avoir tenu compte des émissions dues aux autres activités, ils parviennent à un "taux de conversion" de l'azote agricole en N2O trois à cinq fois supérieur aux précédentes estimations."

Dans ces calculs, les marges d'erreurs sont importantes. Cette imprécision, estime M. Hauglustaine, "pose le problème du N2O, dont on connaît encore mal le bilan dans l'atmosphère, du fait du manque de réseaux de mesure". Un processus de "revue en ligne" de ces résultats est engagé sur le site d'Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, processus au terme duquel certaines estimations pourront éventuellement être amendées. David Reay (Université d'Edimbourg), appliquant les évaluations de Crutzen et ses collègues, estime que la volonté du Sénat américain de multiplier par sept la production d'éthanol à base de maïs, d'ici à 2022, se traduirait par une hausse des émissions liées au transport de 6 %.

Par ailleurs, dans un récent rapport, l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) mettait en effet en garde contre certains dangers inhérents au développement des agrocarburants : risques de pénurie alimentaire, d'érosion de la biodiversité en raison de la reconversion de sols en surfaces cultivées, etc. Le rapport concluait que "la capacité des agrocarburants à couvrir une part importante des besoins énergétiques des transports sans nuire aux prix alimentaires ou à l'environnement est très limitée".
Cette reconversion des terres est en outre parfois responsable d'émissions massives de carbone dans l'atmosphère. L'organisation non gouvernementale (ONG) Wetlands estime par exemple à 2 milliards de tonnes (Gt), la quantité moyenne de CO2 relâchée chaque année par le drainage des zones humides indonésiennes. Par comparaison, les émissions de gaz à effet de serre de la France se situaient, en 2004, à l'équivalent de 0,56 Gt de CO2.

AUTRES DOCUMENTS
Le livre de Fabrice Nicolino : La faim, la bagnole, le blé et nous
et son site : http://fabrice-nicolino.com/biocarburants/

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