Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Lanrinou : nouvelles

Voie de Lanrinou : le cri au coeur du botaniste article de Nelly CLOAREC (OF du 17 03 2012)

Jean‑François Glinec a découvert de nouvelles espèces fragiles et/ou protégées à proximité du tracé. Parmi elles, le Grand Rhinolophe, une espèce de chauve‑souris et le campagnol amphibie.

Dès qu’il en a le temps, Jean‑François Glinec chausse ses bottes et part observer les richesses de la nature. Et ses pas le mènent bien souvent sur les zones naturelles situées à proximité du tracé de la voie de Lanrinou, une route longue de 7 km qui a vocation à relier la zone de Lanrinou, à Landerneau au rond‑point du Stum, à Dirinon.

La communauté de communes, aujourd’hui propriétaire de l’ensemble de l’assiette, envisage cette année de travailler sur le volet environnemental, en étudiant toutes les contraintes imposées.

Ces mesures compensatoires (reconstituer une zone humide, par exemple si elle est détruite par le projet), fait sourire ‑d’amertume ‑ Jean‑François Glinec : « On ne pourra pas retrouver ce que l’on perd. La zone humide Langazel a par exemple 10 000 ans. Une zone humide met des années et des années à se constituer. Et puis, qui dit mesures compensatoires dit plein d’études et plein d’argent dépensé. »  « Un cas d’école » Author Marie Jullion Ses recherches, menées dans le bois de Pencran, lui ont fait découvrir ce qu’il considère comme des trésors, qui s’épanouissent grâce « à un maillage bocager entretenu à la perfection : un cas d’école qui explique la présence d’autant d’espèces rares », note‑t‑il. Ainsi, il a passé plusieurs après‑midis à traquer la fougère Hymenophylle de tunbridge, la Canche flexueuse, le Trichomanes remarquable, les nombreuses stations de Polystique atlantique, appelé aussi Dryoptéris à odeur de foin.

Depuis, il a fait d’autres trouvailles. Ainsi, il a remarqué que depuis cet été, la Grassette du Portugal, « une toute petite plante carnivore », s’épanouit dans la zone humide de Kerlézérien, sur la commune de Dirinon, « un très beau site, quasiment aussi riche que Langazel ». L’espèce n’est pas protégée mais figure sur la liste rouge dès espèces florales menacées.

La découverte de la présence d’un campagnol amphibie, un petit rongeur qui nage, en cours de protection, a également soulevé l’émoi chez ses collègues, « venus nombreux sur le site ». Jean‑François Glinec annonce aussi la présence d’une colonie de Grand Rhinolophe, une espèce de chauve-souris protégée. Présence confirmée par Bretagne vivante et le Groupe mammologique breton.

Pour faire partager ses découvertes, il a sollicité, voilà quinze jours, les services de la communauté de communes. En vain : « Ici, alors qu’on a deux zones Natura 2000, la rade de Brest... Il manque un interlocuteur », se désole‑t‑il.

7 000, c’est en hectares, la surface nécessaire pour nourrir Landerneau, soit la surface de 10 000 terrains de foot, a calculé le botaniste Jean‑François Glinec, opposé à la construction de la route de Lanrinou, qui estime qu’« à l’aube du troisième millénaire, on a plus besoin de champs que de routes ». Le producteur laitier fait aussi savoir que pour alimenter en produits laitiers les Lan­dernéens, il faut 15 fermes Iaitières de taille moyenne. JPEG - 81 ko


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 199123

Site réalisé avec SPIP 2.1.26 + ALTERNATIVES

     RSS fr RSSActualités RSSBrèves environnementales   ?

Creative Commons License