Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

La pollution par les algues vertes

Algues : un appel à la mobilisation citoyenne

Ouest-France - Bretagne - 23/07/2009

Lassés des pollutions, ils appellent les Bretons à être les plus nombreux possibles à déposer plainte. Pour mettre l’État face à ses responsabilités.

Un vaste champ d’épandage vert glauque, une pestilentielle décharge à ciel ouvert sillonnée par une noria de gros tracteurs à la remorque dégoulinante d’algues putrides... Comme chaque été, la baie de Saint-Brieuc, l’une des plus belles de Bretagne, « réserve naturelle » de 1 140 ha, zone humide d’intérêt international, n’est qu’un vaste désastre.

1 milliard d’euros

« Quarante ans que ça dure... Et rien n’y fait. » Quatre programmes de reconquête de la qualité de l’eau, des piles de chartes, un contrat de plan État Région... En tout, « il y en a eu pour un milliard d’euros de dépenses publiques ». Pour revoir, chaque année, 40 000 à 50 000 tonnes s’échouer dans les anses de Morieux et d’Yffiniac. « On peut y ajouter le coût du ramassage... » soit 500 000 € par an, selon le Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva). JPEG - 24 ko

« Réserve naturelle "... le panneau ne manque pas d'humour !
Derrière André Pochon, André Ollivro, Yves-Marie Le Lay et Denis Baulier, les tonnes d'algues vertes qui envahissent la baie de Saint-Brieuc.

« Ça suffit, on en a assez. Payer pour tenter de gérer la pollution ne sert à rien, s’étranglent d’indignation André Ollivro, Yves-Marie Le Lay et Denis Baulier, du réseau Cohérence, respectivement des collectifs Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor et Opération nénuphar. Il est temps de réclamer des comptes à nos élus. »

Sur le modèle de la « grève » fructueuse des factures d’eau, voilà quelques années, sur le modèle surtout de la carence de l’État reconnue par le tribunal administratif en 2007 (le jugement est en appel), cet ensemble d’associations lance un manifeste : « Nous invitons tous les citoyens à porter plainte au tribunal d’instance, en préjudice moral et financier, contre la dégradation de la qualité de l’eau. »

Objectif ? « Obtenir de la justice qu’elle condamne l’État à rembourser ce milliard d’euros aux contribuables bretons. » Cet appel solennel, avec le mode d’emploi pour des dépôts de plainte efficaces, sera lancé officiellement le dimanche 27 septembre, à 15 h. Depuis la plage de la Grandville, à Hillion (Côtes-d’Armor), précisément, là où demeurait Georges Palante.

« Aux problèmes nouveaux, des politiques nouvelles avec des hommes nouveaux », écrivait le philosophe en 1920. Face à la gravité des pollutions subies par les rivières bretonnes (et les captages d’eau), ces associations espèrent bien susciter « de vraies politiques nouvelles », sous la pression « de la démarche citoyenne de nombreux Bretons ».

Contact : www.cyberacteurs.org, Tél. 02 96 92 79 73 ou 02 98 67 46 61.

Christophe VIOLETTE.Ouest-France - Bretagne - 23/07/2009

Algues vertes. Les citoyens invités à porter plainte

Le Télégramme - Bretagne - 23/07/2009

Pour sortir de la pollution par les algues vertes et relancer le débat sur le retour à une agriculture de qualité, plusieurs associations invitent les citoyens à porter plainte contre l’Etat.

Marre de lutter contre les algues vertes ! « Ça fait quarante ans que la fuite en avant de l’agriculture productiviste nous mène dans le mur. Mais on n’est pas fatigués. Au contraire, nous sommes pleins d’énergie ! », avertit en substance Denis Baulier, qui a mené et remporté dans le Trégor une « Opération Nénuphar » pour la reconquête de la qualité de l’eau. Avec lui, Yves-Marie Le Lay, président de « Sauvegarde du Trégor », André Ollivro, fondateur de « Halte aux marées vertes », André Pochon, ancien agriculteur et infatigable militant d’une agriculture plus « intelligente », lancent un « manifeste pour sortir de la pollution en Bretagne ». JPEG - 93.6 ko

50.000 tonnes d'algues vertes sont ramassées chaque année en Bretagne, dont la moitié en baie de Saint-Brieuc. Photo R.V.

« Ne plus gérer la pollution mais l’éliminer » Directement issues des excès de nitrates employés en agriculture, 50.000 tonnes d’algues vertes sont ramassées chaque année en Bretagne, dont la moitié en baie de Saint-Brieuc. Selon les associations réunies hier à La Grandville, à Hillion, leur élimination aurait déjà coûté un milliard d’euros à la région. La pollution des cours d’eau a entraîné la fermeture de captages, mais les subventions continuent « d’arroser les cultures les plus assoiffées d’engrais chimiques, de pesticides et d’eau ». « Nous ne voulons plus gérer la pollution, mais l’éliminer. Il est temps de siffler la fin de la partie et de passer à une étape plus contraignante », assène Denis Baulier.

Rassemblement le 27 septembre

Plusieurs associations et collectifs (Halte aux marées vertes, Vivarmor, De la source à la mer, Sauvegarde du Trégor, CANE, AE2D) appellent le public à porter plainte contre l’État « qui ne fait pas respecter la réglementation nationale et européenne pour le droit des citoyens à une eau de qualité ». Le 27 septembre, à La Grandville, le public sera invité à signer des plaintes toutes préparées pour obtenir réparation « d’un préjudice moral et financier, puisque ce sont nos impôts qui financent le traitement des algues ». La réunion sera festive, comme toujours, et le comédien Jean Kergrist y mettra son grain de sel.

Roselyne Veissid Le Télégramme - Bretagne - 23/07/2009


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