Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

La gestion des déchets nucléaires (le dossier)

LA GESTION DES DECHETS NUCLEAIRES : problème insoluble ?

Pour produire de l'électricité, l'industrie nucléaire génère une multitude de substances radioactives à chaque étape de la filière. Après un demi siècle d'existence, le nucléaire n'a toujours pas trouvé de solution à la gestion de ses déchets, pour les associations écologistes (Agir pour l'environnement, Les Amis de la Terre, France Nature Environnement, Greenpeace). Il est temps de sortir de l'impasse: si l'industrie nucléaire n'a aucune solution pour ses déchets, elle doit arrêter d'en produire.

Les catégories de déchets nucléaires:

Déchets A, dits de faible et moyenne activité et à vie courte:
c'est à dire jusqu'à 300 ans! et sont des déchets technologiques (gants, combinaisons, outils, etc,,,) qui ont été contaminés par la radioactivité. Il y a 2 sites actuellement en France (Morvilliers et Soulaines) dans l'Aube, Le stockage est en surface.

Déchets B et C, dits de moyenne et haute activité et à vie longue:
Ce sont principalement des déchets hautement radioactifs issus du coeur du réacteur. Ils sont dangereux pendant des centaines de milliers, voire millions d'années. Une loi a défini plusieurs pistes de recherche pour tenter d'y remédier (voir plus loin, suite de l'article)

Déchets TFA, dits très faiblement actifs:
Ce sont principalement des matériaux contaminés provenant du démantèlement de sites nucléaires: ferrailles, gravats, béton,,,, les volumes attendus sont très importants.

Autres types de déchets radioactifs:
Les graphites (issus des premières centrales), les radifères, les tritiés; ils seront sans doute stockés en surface. Les sites retenus sont pour l'instant tenus secrets.

Déchets non classés: La plupart des matières radioactives générées par l'industrie nucléaire n'ont officiellement pas le statut de déchets nucléaires au regard de la loi française, ce qui permet aux pouvoirs publics de minimiser les quantités réelles à gérer.
L'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) a recensé plus de 1000 sites où sont actuellement entreposés des déchets radioactifs toutes catégories.
L'EDF prévoit pour le démantèlement de 58 réacteurs un coût de 15 milliards d'euros. Quand on sait que pour la centrale de Brennilis, on est passé de 20 millions à 480 millions d'euros, on se rend compte que ce coût est largement sous-estimé. Pour les associations écologistes « devant un constat si alarmant, il est impossible de garantir que les producteurs de déchets assureront le financement des futures charges nucléaires. Le risque est très grand, notamment dans le contexte de privatisation de voir les responsabilités des industriels transférées à l'Etat et aux contribuables, en opposition totale au principe de « pollueur-payeur ».
La cour des comptes dans son rapport de janvier 2005, s'en inquiète également.

Le problème des déchets B et C: La loi en faveur de l'enfouissement des déchets nucléaires votée le 15 juin dernier autorise d'enfouir en profondeur les déchets radioactifs. Pour voter cette loi qui concerne des déchets radioactifs à toxicité quasi éternelle, il y avait à l'Assemblée Nationale 19 députés sur 577!
Les députés avaient le choix entre 3 options: le stockage profond, l'entreposage en sub-surface ou la séparation-transmutation (dont le but est d'isoler les éléments du combustible usé et de les rendre moins toxiques, moins longtemps), afin d'en faire du combustible pour certains, en vue de les stocker pour d'autres.
La solution du stockage retenue est catastrophique et dénoncée par Claude Allègre, géologue et ancien ministre de la recherche. Pour lui, le sous-sol est le pire endroit pour stocker des déchets radioactifs parce qu'il contient toujours de l'eau en circulation. Or c'est un site gorgé d'eau, le site de Bure, en limite de Champagne et de Lorraine qui est choisi, car il est situé entre 2 aquifères. Cette région est un véritable « château d'eau » et les experts signalent que des fuites contamineraient le bassin de la Meuse mais aussi le bassin parisien car les eaux s'écoulent vers l'ouest.
Il faut savoir que dans cette région, deux autres sites existent, Morvilliers et Soulaines, en tant que sites de surface; c'est là que sont d'ailleurs acheminés les déchets moyennement et faiblement actifs de la centrale de Brennilis en cours de démantèlement. Ce sera une sacrée publicité pour notre fameux Champagne!

Dans ce contexte et face à un avenir aussi incertain la démarche des associations écologistes doit être guidée par le principe de précaution. Ce principe se traduit en partie dans la notion de réversibilité des choix techniques (la possibilité de reprendre les déchets nucléaires en fonction des évolutions technologiques).
Selon les associations « le principe de précaution nous pose avant tout la question suivante: pouvons-nous, sachant qu'il n'y aura jamais de solution sûre et équitable aux déchets nucléaires, continuer de compromettre notre environnement et le futur de nos enfants pour quelques années de confort? »

 

Sources :

  • cahier d’acteurs sur le débat gestion des “déchets nucléaires”
  • supplément à la revue Sortir du nucléaire n°25 juin 2005
  • Voir aussi notre page sur le démantèlement de la centrale de Brennilis où vous trouverez :
    • La loi relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (TSN)
    • et d’autres documents sur le démantèlement de la centrale.

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