Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

La biodiversité, compte à rebours 2010

La biodiversité, compte à rebours 2010

" La biodiversité c'est le nombre total d'espèces que renferme l'ensemble des écosystèmes. Elle est le résultat de l'évolution et de la co-adaptation des espèces sauvages et des milieux, qu'ils soient naturels ou transformés par des activités humaines. " " La biodiversité est une réalité discrète, composée d'éléments séparés, reliant entre eux des plantes, des animaux, des micro-organismes, des hommes et leurs interactions ; c'est à dire leurs attractions, leurs répulsions, leurs co-créations et destruction … comprendre les mécanismes d'attraction et de répulsion qui fonctionnent dans les projets constitue la base de notre intérêt, qu'ils soient petits ou grands. " A. Escobar (1998)

Les engagements de l’U.E.

En 2001, les chefs d’Etats et gouvernements de l’Union Européenne se sont engagés à enrayer le déclin de la biodiversité d’ici à 2010. Force est de constater que les mesures prises (ou plutôt l’absence de mesures) ne permettront pas d’y arriver.

Selon le rapport sur l’état et les perspectives de l’environnement européen, 43% des oiseaux sont en situation précaire, 12% des 575 espèces de papillons sont aujourd’hui très rares ou en déclin rapide et environ 600 variétés végétales n’existent plus à l’état sauvage ou sont en voie de disparition tandis que 45% des reptiles et 52% des poissons d’eau douce sont menacés. Que dire du statut du hamster, de l’outarde canepetière, du tétras lyre et grand tétras, de l’esturgeon, de l’anguille, du vison d’Europe sans compter la disparition récente de 3 grands mammifères : le phoque moine, le bouquetin des Pyrénées, le cerf corse.

Les principales pressions subies par la biodiversité

Les principales pressions subies par la biodiversité de l’Union Européenne, selon ce rapport, concernent les pratiques et les changements d’affectation des sols, les espèces allogènes (qui viennent d’une autre région du monde) et le changement climatique.

Les problèmes de pollution et d’utilisation et surexploitation des ressources constituent également des menaces importantes.

La politique agricole commune continue à encourager l’intensification de l’agriculture, la monoculture et l’exploitation de grande taille.

L’agriculture intensive accroît le besoin et l’emploi de pesticides et d’engrais qui contribue à la nitrification, à la dégradation du sol et de l’eau avec pour corollaire une perte d’espèces et d’habitats. Le rapport note aussi que l’expansion urbaine et le développement des infrastructures continuent de menacer la biodiversité en bétonnant et en fragmentant le paysage.

Pendant la décennie 1990, 800 000ha du territoire européen ont été recouverts d’asphalte et de béton. Dans le Finistère, 3ha de terres agricoles disparaissent chaque jour avec l’urbanisation (source : Terragricoles de Bretagne).

Le littoral, espace le plus touché en France

L’espace le plus touché en France est le littoral car il attire de plus en plus de monde. Or c’est un espace restreint (4% du territoire métropolitain) où la densité de population est déjà 2 à 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale.

3,4 millions d’habitants supplémentaires sont prévus d’ici à 2030 et la construction de logements va en s’accentuant. Selon l’Observatoire du Littoral, on a construit en France sur le littoral 3.124.000m² de logements en 1996, 3.670.000m² en 2003 et 4.075.000m² en 2004.

La loi littorale a certainement freiné voire bloqué des projets gigantesques mais force est de reconnaître qu’elle ne réussit pas à freiner le phénomène, ni à empêcher le grignotage des espaces naturels d’autant que certains élus continuent en sous-main à vouloir vider la loi de sa substance à l’aide d’amendements parlementaires.

Le Conservatoire a acquis 10% du linéaire côtier mais on est loin du "tiers sauvage" (formule de Michel Hervé Julien un des fondateurs de la SEPNB) qui serait préservé de l’urbanisation, d’autant que le renchérissement du prix du foncier ne facilite pas les acquisitions.

Par ailleurs, sait-on que le littoral breton est plus urbanisé que le littoral méditerranéen ?

Le phénomène de mitage touche 70% de notre littoral. En Bretagne, on ne trouve que 6% du littoral offrant des espaces naturels libres sur au moins 2km de long et 500m de profondeur, alors que la côte méditerranéenne en offre 12% ; saura-ton sauver nos dernières fenêtres sauvages ?

Répercussion des changements climatiques sur la biodiversité

Lors de la rencontre, la "green week", organisée par la Direction de l’environnement de la Commission européenne à Bruxelles, il a été question de la répercussion des changements climatiques sur la biodiversité de nos régions.

Déjà, ces 20dernières années, les dates d’arrivée en Europe des oiseaux sont en moyenne avancées de 5 jours, l’éclosion des feuilles des arbres de 3 jours. Des spécialistes ont expliqué que les stratégies de création d’espaces protégés comme les réserves naturelles étaient totalement à revoir car le réseau actuel trop disparate et isolé allait perdre ses joyaux du fait de la fragilisation des écosystèmes isolés et donc rendre plus sensibles aux variations climatiques.

Constat à nuancer car l’IFEN dans un article intitulé "Les oiseaux d’eau préfèrent les espaces naturels protégés" : à peine 2% du territoire qui hébergent plus des 2/3 des effectifs (source : http://www.ifen.fr )

Résolutions

Il nous faut donc continuer à nous investir tant en direction des espaces protégés que de la nature ordinaire qui constitue la toile de fond des espaces remarquables et de sa qualité dépendent à la fois l’existence de niches écologiques spécifiques et les possibilités d’échange entre noyaux protégés.

Il faut impliquer tout le territoire en "sortant la nature de sa réserve" et définir un cadre spatial durable du paysage pour répondre à la fragmentation des habitats sur les populations animales ou végétales. Il nous faut, comme cela se fait en Wallonie dans le cadre de plans communaux de développement de la nature, "promouvoir la biodiversité comme un patrimoine. Celle-ci dépendra du partenariat qui la prend en charge (propriétaires, non propriétaires, gestionnaires, usagers, acteurs publics et privés, acteurs "nature" mais aussi "acteurs culture ou sociaux".

Nous, section locale Rade de Brest de l’association Bretagne Vivante, essayons tous les ans de montrer des exemples concrets d’une gestion intelligente de l’espace pour faire évoluer les pratiques. D’autant plus que souvent ce sont des gestes de bon sens qui s’avèrent profitables puisque la biodiversité constitue une excellente protection contre de multiples menaces notamment les nuisibles et l’érosion des sols.

Mais il est clair que sur un plan global il faudrait que l’environnement soit pris en compte dans tous les domaines sociaux-économiques.

Liens et documents concernant la biodiversité


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