Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Du reuz à Plougastel : les escargots contre les pros !

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Depuis 16 mois, des particuliers et quelques associations s’élèvent contre le choix du site de Treastell, à Plougastel-Daoulas, pour la création du futur centre de formation du stade brestois et du centre de vie des pros, sur 10 ha d’espace agricole, de zone naturelle et de chemins creux.

A travers les différentes enquêtes de concertations préalables (sept 2011 et fév 2012) puis d’utilité publique pour la révision simplifiée du PLU (avr 2012) nous nous sommes exprimés à titre individuel ou au nom d’associations contre cette modification du PLU par révision simplifiée sous prétexte d’intérêt général du projet

Cet "intérêt général" ne nous paraissait pas évident du fait du contenu de ce projet privé : 10 ha pour 25 à 40 jeunes (dont très peu de locaux), et aussi pour le « centre de vie des pros » du stade brestois, inclus dans ce projet, bien que jamais présenté dans les annonces officielles avant ce mois-ci. Il occuperait à lui seul la moitié de cette surface. Encore plus difficile là de parler d’intérêt général. Nous ne nions pas par contre l’intérêt économique du stade brestois dans ce projet, ni la popularité du foot professionnel. L’extension d’urbanisation entraînée par cette modification du PLU nous apparaît comme incohérente avec les orientations de ce PLU, ainsi qu’avec le SCoT du pays de Brest qui s’accordent sur la préservation de l’espace naturel et agricole, préconisant un « développement urbain maîtrisé » et pour Plougastel « la consolidation du bourg dans ses limites actuelles », donc sans franchir le boulevard Filliger. Une partie de la zone concernée par le projet apparaît dans la Trame Verte et Bleue de BMO en raison de sa richesse écologique.

Depuis février la sonnette d’alarme a été tirée, lors des enquêtes préalable et publiques, sur les problèmes d’écoulement des eaux en provenance du bourg sur ce site, sur la richesse du milieu (d’une partie), sur la présence d’espèces protégées, et sur la nécessité d’une étude d’impact de ce projet. Nos remarques ont été systématiquement bottées en touche par le commissaire enquêteur dans chaque enquête, après interventions écrites de du maire pour le commissaire, en réponses à nos alarmes (à 2 reprises au moins). Le comble a été atteint lors de l’enquête publique pour le déclassement des chemins ruraux du site, en mai dernier, où malgré toutes les remarques défavorables (aucune favorable), le commissaire enquêteur n’a suivi que la consigne écrite du maire (commanditaire de l’enquête !), concluant par un avis favorable au déclassement. Pas de prise en compte non plus des remarques des élus verts à BMO en juin dernier lors du vote de la révision du PLU.

Enquêtes publiques = parodie de démocratie ! Du temps perdu ! pour nous qui nous cassons la tête à en éplucher les dossiers et à y répondre, pour les projets qui attendent la fin de ces « formalités » pour démarrer. Si elle ne servent à rien, autant les supprimer. Mais pour l’instant elles existent au nom de la démocratie participative, alors citoyennement et naïvement on joue le jeu. Alors que les jeux sont faits d’avance en généra ! Quelle solution reste-t-il ? Comme dans de nombreux cas similaires le recours devant le tribunal administratif est la dernière carte qu’on laisse à ceux qui ne font que demander le respect de la réglementation urbaine et l’application de la loi sur les espèces protégées. Comme dans de nombreux cas encore, on se fait traiter de tous les noms parce qu’on bloque les entreprises qui attendent et, ici, le sport de haut niveau. Le schéma habituel qu’on entend trop souvent ! Mais si les concertations et autres enquêtes publiques jouaient leur rôle en serions-nous là ?

Un premier recours a été déposé en juillet par Bretagne Vivante et un membre d’association de Plougastel. Vu le déni du commissaire enquêteur et du maire de Plougastel, un constat d’huissier avait été fait au préalable pour prouver la présence de l’escargot de Quimper sur le site de Treastell, photos à l’appui. Un deuxième recours a été déposé par Bretagne Vivante en août lors de la délivrance du permis de construire. On attend maintenant le déclassement officiel des chemins ruraux par le conseil municipal de Plougastel. L’escargot de Quimper, l’écureuil roux et la fougère Dryopteris aemula, espèces protégées présentes sur la site, sont dans cette affaire des révélateurs de la richesse d’une partie de ce site. Protéger ces espèces en question c’est (actuellement) le moyen de protéger un milieu riche en biodiversité : espèces « parapluie ».

Le préfet, sollicité par Bretagne Vivante, a demandé en septembre au stade brestois une étude sur la présence de l’escargot de Quimper. Il précise que si elle est avérée une demande de dérogation pour destruction d‘espèce protégée devra être déposée. Or cette dérogation ne peut être accordée que pour des « raisons impératives d’intérêt public majeur » (Art L411-2 du code de l’environnement).

Qu’un centre de formation de footballeurs soit nécessaire pour le stade brestois, Ok ! mais pas n’importe où, ni n’importe comment. Pas un centre de formation hors la loi . 

Aux dernières nouvelles le stade brestois se prépare à revoir sa copie proposant de scinder son projet en deux : le centre de formation sur Plougastel hors zones sensibles, le centre de vie des pros ailleurs… Du mieux c’est sûr, mais toujours des zones agricoles en moins… Et que dit BMO ? Le suspens demeure.

Effervescence de la presse

L’effervescence de la presse autour du sujet, et la dose d’intox qui y est rapportée est impressionnante :

  • « 90 ha protégés mitoyens » : en vrai des zones agricoles et des zones naturelles, comme l’étaient celles concernées par le CdF, donc pas plus protégées contre un pseudo intérêt général (çui-ci a le dos large va !).
  • « On nous dit de trouver des solutions pour ne pas laisser les mômes errer en bas de leurs immeubles et, pour de sombres arguments écologiques… » Comme si le Centre de formation avait pour objectif d’occuper les gamins de Pontanezen !
  • « Pour que les 500 jeunes de Plougastel, les 480 de Brest, puissent espérer un jour intégrer un centre de formation professionnel près de chez eux. Les gosses, ils en rêvent » Là va falloir voir plus grand ! ou bien ce n’est que du rêve qu’on vend à nos jeunes ? Combien d’enfants locaux dans les CdF de Bretagne ? 

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