Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Courrier des lecteurs

Les articles d’Al Louarn font parfois réagir les lecteurs ou ceux-ci souhaitent apporter des informations supplémentaires. Vous trouverez ci-dessous leurs contributions.

Henri Pézerat, combattant solitaire (Al Louarn octobre 2009)

je me permets de réagir au petit article paru dans Al Louarn concernant la disparition de Henri Pézerat, dont honnêtement je n’avais jamais entendu parler.

Par contre, je vous rappelle que beaucoup plus près de nous et bien avant 1975, le Pr Georges Kerbrat, qui m’a enseigné la pneumologie à la faculté de médecine de Brest, et devint par la suite Maire de Brest se battait déjà dès la fin des années soixante pour faire reconnaitre comme maladie professionnelle et y parvenait parfois, dans certains cas, le mésothéliome pleural et les différentes formes d’asbestose, pathologies particulièrement fréquentes chez les ouvriers de l’arsenal de Brest, exposés à l’amiante.

Et il n’était surement pas le seul pneumologue en France dans ce cas.

Je pense que par honnêteté intellectuelle et aussi par respect de la mémoire du Pr Georges Kerbrat vous pourriez dans un prochain numéro de Al Louarn rappeler ces faits plutôt que de parler du "silence assourdissant" du corps médical ....

Dr Jean Yves Quéau Section de Crozon

La crise du lait (Al Louarn octobre 2009)

L’origine de la crise Depuis 1963, avec la Politique Agricole Commune, le prix du lait était garanti par le subventionnement du beurre et de la poudre de lait industriels. Ces deux produits servaient d’exutoire aux excédents laitiers. Subventionnés à l’exportation et dans l’alimentation des veaux en batterie sans aucune limite, poudre et beurre industriels tiraient la production. La voie était ouverte au fleuve du lait à un prix uniforme pour une qualité médiocre (la collecte laitière transformée en poudre atteint 40% en Bretagne), d’autant que les vaches sont nourries en partie avec des aliments importés au prix mondial (soja), moitié moins cher que les produits européens. Situation ubuesque qui profite au maximum à la Bretagne et à la Hollande aux frais de la communauté.

Ainsi, au début des années 80, beurre et poudre de lait s’entassent dans les frigos car même subventionnés, les débouchés ne suivent pas. Croulant sous les excédents, la communauté gèle la production de chaque éleveur au niveau de 1983 (moins 3-4%), c’est l’instauration des quotas. Mais les subventions au beurre et à la poudre de lait persistent et les quotas de production ont été établis sur ces débouchés subventionnés. Celles-ci sont dénoncées de plus en plus vigoureusement à l’Organisation Mondiale du Commerce et par les paysans du tiers monde qui y voient une concurrence déloyale. Les réformes de 1992 et 1999 diminuent progressivement ces subventions. Celles de 2003 les suppriment. En leur absence, le beurre et la poudre de lait se bradent et les 20 à 40% de lait allant à ces fabrications pèsent sur le prix moyen payé aux producteurs : 270€ les mille litres actuellement alors que les produits porteurs revalorisent le lait aux environs de 400€ les mille litres. Il est donc clair que les quotas basés sur une collecte qui intègre le beurre et la poudre de lait subventionnés ne sont plus adaptés. Non seulement ils n’empêchent pas la chute des cours mais ils l’entretiennent en incitant les éleveurs à maintenir leur production alors qu’ils devraient la réduire pour l’adapter aux marchés porteurs. L’impasse est totale sauf à rétablir les subventions aux exportations, ce qui est totalement exclu.

Pour en sortir : une solution volontariste Le préalable de la protection du marché européen maintenu et même renforcé ; au niveau de chaque laiterie, d’un commun accord, les éleveurs ne devraient-ils pas baisser leurs livraisons à hauteur du pourcentage de la collecte allant à la fabrication du lait en poudre et du beurre industriels, ils pourraient décider d’une franchise pour les premiers 100.000 litres de lait collectés ce qui favoriserait les petits producteurs.

Réduire la production en réduisant les concentrés La poudre de lait n’étant pas subventionnée, l’éleveur a tout à gagner à élever ses veaux au lait entier. Le marché des veaux fermiers est très porteur. Pour 40 vaches, c’est 20.000 litres de lait collectés en moins. L’éleveur a aussi tout à gagner en baissant sa production par vache, par exemple de 8.000 à 6.000 litres en économisant sur les concentrés. A quoi sert-il d’importer du soja coûteux pour fabriquer des excédents invendables ? Simple bon sens ! Le système fourrager adapté à cette nouvelle donne est sans contexte la prairie : une vache à l’herbe produit 6.000 litres de lait non concentré. Au delà de notre indépendance en protéines retrouvée, c’est tout bénéfice pour l’éleveur car il en coûte 5 fois moins cher de nourrir une vache au pré. C’est aussi tout bénéfice pour le consommateur et sa santé avec des produits laitiers de haut de gamme (Omégas 3). C’est tout bénéfice encore pour le citoyen qui retrouve un paysage bocagerherbager avec moins de nitrates et de pesticides dans l’eau, moins d’algues vertes dans les baies et moins de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En l’absence de cette politique volontariste, le marché adaptera l’offre à la demande par la disparition des gros élevages acculés à la faillite. En effet, les gros troupeaux en zéro pâturage, robots de traite… ne résisteront pas aux coûts actuels. Le marché assaini repartira au bénéfice des petits producteurs herbagers qui auront résisté parce que leur prix de production est bien moindre. Mais les lobbies vont réclamer une fois de plus un soutien aux élevages industriels les présentant comme la voie de l’avenir et exiger subventions, bonifications et remises de dettes. L’Etat résistera-t-il et les politiques seront-ils assez lucides pour comprendre que seuls les élevages herbagers répondent aux souhaits des citoyens consommateurs : moindres coûts avec des producteurs nombreux pour un lait de qualité dans un environnement préservé. Il s’agit bien d’un problème de société.

André Pochon Vice-Président de VivArmor Nature

Les chemins ruraux (Al Louarn octobre 2008)

Les chemins ruraux sont ces voies, la plupart du temps, bitumées qui mènent aux villages et qui n’ont pas les caractéristiques géométriques qui en feraient des voies communales. Mais, alors qu’à priori rien ne les distingue, les CR font partie du domaine privé de la commune (et n’ont pas de N° de parcelle). On a parfois tendance à les confondre avec les chemins d’exploitation. Les chemins d’exploitation, en général non-revêtus, sont également privés mais n’appartiennent pas forcément à la commune ; ils peuvent être gérés par une association Foncière Rurale (en général suite au remembrement). Il existe de nombreux chemins pour lesquels il est difficile de trouver le bon statut faute de mise à jour dans les documents : ancienne VC désaffectée, chemin rural, d’exploitation ? Certains profitent de ce flou pour les annexer ou les barrer afin d’éviter les promeneurs. C’est un vrai casse-tête pour la plupart des Mairies.

Jean-luc LE DELLIOU Section de QUIMPERLE (et DDE 29)

Projet ERVABOR (Al Louarn octobre 2008)

Article très intéressant. Malheureusement les collectivités ne changent de comportement que dans un souci financier… J’ai constaté une amélioration des pratiques sur les routes départementales en terme de nombre de passage notamment ; malheureusement les super-épareuses font encore d’énormes dégâts ! Pourtant les formations existent mais ne sont guères suivies d’effets. Il y 20 ans déjà j’animais des stages à la DDE 44 pour former les conducteurs d’engins au fauchage et à l’élagage. On avait beau leur dire qu’une épareuse ne devait couper uniquement que le bois de l’année, tous les automnes on contemplait les dégâts. Difficile de lutter contre une certaine culture « rurale » qui est de vouloir «  faire propre », du gazon sur l’accotement et pas une ronce sur le talus (et c’est pareil avec les désherbants). Si aujourd’hui le CG prête l’oreille aux arguments environnementalistes, le message sera + difficile à faire passer dans les communes ( ou le linéaire de voies est très important). Depuis longtemps j’essaye de faire passer le message dans quelques communes mais les habitudes sont ancrées. Si 2 ou 3 personnes viennent se plaindre à la mairie qu’un talus n’a pas été fauché au mois de juin alors coup de fil et les tracteurs du syndicat de voirie déboulent  ! La formation n’est pas à faire que chez les chauffeurs d’engin ; elle est indispensable auprès des élus et de la population mais la tâche sera lourde. Peut-être vaudra-t-il mieux argumenter sur l’intérêt économique avant l’intérêt écologique pour arriver à nos fins ?

Jean-luc LE DELLIOU Section de QUIMPERLE (et DDE 29)


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