Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

5.Des herbes sous haute tension (12 oct 2010)

un article de Julien Dézécot sur le site Bretagne durable

“Le Collectif de Sauvegarde de la vallée du Restic vient de mettre en lumière l’entretien peu écologique que réserve Réseau transport d’électricité (RTE) à son poste de transformation de Loscoat (29), qui permet d’alimenter en électricité le nord Finistère. En effet, RTE débroussaille chimiquement les pourtours de ses 120 postes de transformation basés en Bretagne. On comprend désormais pourquoi l’électricien vient de suggérer à la Région la création d’une ligne souterraine à "haute tension" entre Lorient et St Brieuc. Histoire de limiter l’entretien à ciel ouvert... JPEG - 224.8 ko Lors du dernier débroussaillage, en août dernier... JP

« Depuis de nombreuses années, l’entretien du pourtour extérieur du poste de transformation de Loscoat à Brest Lambézellec se fait par utilisation bisannuelle massive de débroussaillant chimique. Et nous pouvons présumer qu’il en est de même pour l’intérieur du site. » C’est par ces mots assurés que débute le récent courrier adressé à Réseau Transport d’électricité (RTE), par le Collectif de Sauvegarde de la vallée Restic, situé à deux pas du poste de Loscoat. Ce site de transformation électrique permet d’alimenter l’agglomération de Brest et le pays de l’Iroise (du Relecq à Ploudalmézeau). Risque de pesticides dans l’eau

Le Collectif demande à RTE « d’arrêter d’utiliser de grandes quantités de pesticides pour entretenir le site alors que la nappe d’eau souterraine passe à proximité », prévient Jacques Perennes, l’un des membres très actifs du Collectif et habitant de Loscoat. Ce dernier a constaté à plusieurs reprises les dégâts que ces pesticides provoquent sur l’environnement local. « Tandis que Brest Métropole Océane (BMO) fait un gros effort pour ne plus employer ce type de produits, privilégiant la fauche mécanique afin d’entretenir les sentiers de la vallée du Restic qui jouxtent le site, RTE poursuit ces pratiques dangereuses », s’étonne-t-il encore. Une politique d’entretien qui va à contre-courant entre BMO et RTE ? Pour tenter de remédier à ces opérations de nettoyage chimique et de comprendre le pourquoi du comment, le Collectif s’est tourné vers BMO, adressant un courrier au vice-président délégué Maxime Paul. En substance, l’élu prend bonne note de l’alerte du Collectif, notamment « dans le cadre de la mise en place des périmètres de protection de la ressource en eau de Kerleguer ». Ce qui montre bien le risque pour la ressource pointé par le Collectif. En ajoutant que « la Collectivité prévoit d’effectuer des démarches de sensibilisation à l’environnement vis-à-vis des industriels présents sur le bassin versant ». Pas de quoi s’affoler, on sensibilise donc ! Plusieurs solutions à l’étude

Quant au directeur de RTE, Christophe Bufflier, s’il concède ne pas nier du tout la situation dénoncée par le Collectif et affiche une volonté inébranlable au changement. On le comprend car il y a du travail en la matière ; quand on sait que RTE gère 120 postes du même genre que celui de Loscoat à l’échelle de la Bretagne. Ce qui -même si RTE « n’a pas de données précises en la matière » - laisse présager une belle quantité annuelle de pesticides déversée aux abords de la vallée et au dessus de la nappe… Mais soyons optimistes, « RTE expérimente la fauche animale avec des moutons d’Ouessant sur son poste de Vézin-le-Coquet (35) ». Autre idée intéressante de RTE, passer le maximum de leurs sites en herbe ou avec de la luzerne, plutôt que d’utiliser des graviers comme c’est le cas aujourd’hui. La Dernière option dans les tuyaux a été soufflée par une étudiante d’Agrocampus qui vient de rendre à RTE un rapport tout frais. Il s’agirait d’utiliser de « la flore rampante couvrante au sol, pour empêcher les mauvaises herbes de croître ». Une manière de couvrir les herbes par d’autres, pour limiter la pousse et donc de devoir les détruire chimiquement… Et le directeur enthousiaste de RTE de conclure : « cette dernière option pourrait être la bonne solution à Loscoat car avec les moutons il faut de la place aux alentours du site ; mais à Loscoat ils ne nous appartiennent pas. » De quoi soulager les moutons car l’idée de vivre sous 225 000 volts les aurait peut-être électrisés…”


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